Applications qui analysent les cosmétiques
Accessoires Mode

Applications qui analysent les cosmétiques : le comparatif

La semaine dernière, un vaste débat a eu lieu via mes Instagram Stories au sujet de la composition des cosmétiques. J’y expliquais qu’en matière de formulation, tout n’était pas nécessairement « tout blanc ou tout noir ». Ce à quoi certaines m’ont répondu qu’il y avait des applications qui analysent les cosmétiques, et que c’était de toute façon super facile de savoir ce qui est bon ou mauvais pour soi. Le format Stories n’étant pas très adapté, j’ai promis que j’étayerais ma réflexion autour de ces outils dans un post dédié ici-même. Action, réaction.

Pourquoi des applications qui analysent les cosmétiques ?

A l’instar du domaine agro-alimentaire, les consommateurs ont développé une méfiance certaine vis-à-vis de l’industrie cosmétique. Quid des composants que j’applique sur ma peau ? Quels sont les effets à long-terme ? Quel est l’impact environnemental de mon pot de crème ?

  • Autant de questions légitimes sur lesquelles surfent régulièrement les media, à grand renfort d’enquêtes pas toujours fondées – oui, même des titres prestigieux de la Presse ont sorti des papiers à charge sans vérifier leurs sources, et en truffant leurs écrits d’inexactitudes…
  • Autant d’interrogations qui, nourries par le marketing maladroit, la fake news et la désinformation de façon générale, engendrent un climat anxiogène à souhait Aujourd’hui, la défiance vis-à-vis des groupes cosmétiques devient la norme. « Et si une marque me manipulait pour mieux me vendre ses produits ? », nous dirons-nous.
  • Autant de remises en question sur lesquelles surfent certaines marques pour se positionner d’un point de vue marketing. Et susciter encore plus de confusion dans l’esprit de certains consommateurs.

Je ne nie pas la controverse autour de certains ingrédients. Mais grosso modo, depuis le milieu des années 70, on n’a pas connu d’énorme scandale cosméto contrairement à tout ce qu’on a pu entendre/suivre/subir ailleurs (la vache folle, le lait contaminé, et j’en passe…). En Europe, les autorités sont très impliquées pour réguler au sujet de la dangerosité des ingrédients. Ca n’empêche pas d’être des consommateurs avertis, évidemment.

D’où la création d’applications qui analysent les cosmétiques et leur composition. Objectif ? Guider le consommateur, l’aider à comprendre ce qu’il consomme. Et si on est affilié à une marque de cosmétiques ou à un eshop (pour certaines), c’est encore mieux pour s’acheter une crédibilité.

Quelles sont ces applications qui analysent les cosmétiques ?

La liste est bien sûr non exhaustive – n’hésitez pas à m’indiquer d’autres applications qui analysent les cosmétiques et leur compo par commentaire sous cet article. J’ai testé ces applications depuis un iPhone, je n’ai pas d’Android sous la main pour vérifier leur accessibilité.

  • CLEAN BEAUTY – (application en Français)
  • INCI BEAUTY – (application en
  • PHARMAPOCKET – (application en Français)
  • COSMETHICS – application en Français / Anglais)
  • THINK DIRTY – (application en Anglais)

La plupart proposent le même principe : scanner le code-barre de votre produit pour accéder à plus d’informations. D’autres ont quelques subtilités : on scanne la liste INCI directement. Toutes ces applications ont été téléchargées gratuitement.

Mon procédé de test / comparatif des applications

Pour mener à bien cette expérience, j’ai scanné exactement le même produit à chaque fois. Il s’agit des BB Drops Erborian dont je vous ai déjà parlé sur Blog Tendance Mode la semaine dernière. J’ai volontairement choisi un produit qui contient des trucs pas dangereux dans le sens strict du terme, mais qui peuvent être remis en perspective au vu de l’utilité dudit produit, et des goûts personnels de chacun.

Résultat du Scan des BB DROPS ERBORIAN dans Clean Beauty

Mon avis sur CLEAN BEAUTY

Cette application a été lancée par Officinea, qui vend ses propres cosmétiques. Etre juge et parti ? Difficile… Mais malin pour taper sur la concurrence l’air de rien et recruter des clients via une application à visée pédagogique. Ceci dit, l’application est plutôt bien fichue : une ergonomie bien pensée, et des entrées fort faciles à appréhender. Un glossaire des ingrédients permet d’optimiser ses connaissances : ça a le mérite d’exister, c’est intelligent, bien que pas très très fouillé. Mais bon, c’est le principe d’un dico : on connait le sens, puis on doit pratiquer pour maîtriser les subtilités de la langue, n’est-ce pas ?!

Je ne m’attarderai pas sur la rubrique « comment sont formulés vos cosmétiques ? » qui me semble bien légère à mon goût. Impossible de résumer comment formuler un soin cosmétique en 23 lignes (oui oui j’ai compté) : trop de vulgarisation qui tend à mon sens à brouiller les messages, en faisant croire aux consommateurs que « c’est facile ». Et que donc, si c’est si facile que ça : un ingrédient identifié comme « bof » doit facilement être retiré d’une compo. Les formulateurs apprécieront.

Quid de l’analyse ? C’est très léger là aussi. L’application semble être basée sur un algorithme qui identifie des ingrédients qui ont été signalés comme « controversés » de façon manuelle par les développeurs. Ca ne repère que ça, ça n’analyse rien dans la globalité. Et ça ne se rend même pas compte que le machin scanné est bourré de silicones. Pour un produit qui se positionne comme mi-soin mi-makeup, c’est un peu ballot tout de même. Les explications sur les ingrédients ne sont pas très poussées, et le tout est somme toute assez approximatif – j’utilise cette appli depuis plusieurs mois… donc en-dehors du test pour les BB Drops pour cet article, j’ai souvent été surprise par certains manquements.

Mon avis sur INCI BEAUTY

Ici on peut soit scanner un produit, soit rechercher une référence directement dans la base de données de l’appli. J’ai scanné : les BB Drops Erborian n’ont pas été ajoutées aux références analysées. Il faut donc s’inscrire. Action, réaction. Je prends donc des photos du produit + sa composition. Ô surprise, il faut donc attendre pour obtenir l’analyse : serait-ce le signe que ce sont des humains qui s’en chargent, et non un algorithme ? Intéressant… mais pas pratique quand on est en magasin et qu’on veut une info là maintenant tout de suite…

Je vais donc par curiosité inspecter le système de notation d’un produit au hasard (Pediatril – Cold Cream Avène). Le produit a une note globale : 2/20, basée sur le nombre d’ingrédients dits « controversé/à risque, pas terrible, satisfaisant, bien ». J’hallucine totalement sur ce système de notation, et des indicateurs qui ne veulent rien dire : quelle est la différence entre « satisfaisant » et « bien » ? Qu’est-ce que « pas terrible » veut dire ? On parle de sciences, là. Pas de goûts et de couleurs, on n’est pas dans Les Reines du Shopping ! Aucun texte ne me permet de comprendre le parti-pris du formulateur (ou l’analyse que l’on pourrait en faire) sur la formule dans sa globalité. Et puis, on me propose une rubrique « où acheter » sous le produit, bourrée de liens probablement trackés pour toucher des commissions sur mes achats.

Mon avis sur PharmaPocket

J’ai scanné le code-barre, et on m’a expliqué que les équipes analyseraient le produit très bientôt. SU-PER : ça me fait une belle jambe ! En fouillant sur Internet, je comprendre que PharmaPocket est en fait dédiée aux produits de parapharmacie : sympa mais limitatif.
J’ai donc scanné les Lingettes Rogé Cavaillès que j’avais sous la main pour voir à quoi sert l’appli. Le produit a obtenu la note de 4,9. Sur 10 ? Sur 5 ? Sur 20 ? Aucune idée. On m’explique que « la notation (…) est totalement indépendante et basée sur trois critères : 60% de l’évaluation repose sur la note interne des ingrédients. 30% de l’évaluation repose sur la note des pharmaciens. 10% de l’évaluation repose sur la note des utilisateurs ».

Encore une fois, le système de mise en application des critères est simplifié à mort, avec un bonhomme qui rit, un bonhomme jaune pas très content, et un bonhomme orange qui râle. Mais au-delà de ça, on n’a pas beaucoup plus d’infos sur le pourquoi du comment des ingrédients. Ni sur ce qui a motivé la note des pharmaciens. Encore un peu flou à mon goût.

Mon avis sur COSMETHICS

C’est l’application la moins bien fichue de ce comparatif. Et clairement la plus inutile. Ici, aucune notion d’objectivité ou de subjectivité. On vous propose la liste INCI des produits concernés… puis on vous invite à visiter la page wikipedia (en anglais) de chaque ingrédient.

Ils n’ont pas non plus les BB Drops Erborian dans leur base de données. Je refuse de m’inscrire pour leur demander de référencer le produit et pour consulter des infos sur Wikipedia en fait… Créer une appli pour ça, franchement, c’est se moquer du monde…

Mon avis sur THINK DIRTY

Tout de suite, on passe à une application en Anglais : j’imagine que cela pourra en rebuter plus d’une. Là non plus, mes BB Drops Erborian ne sont pas reconnues, damn it! L’inscription est franchement fastidieuse, le Facebook Connect n’a pas daigné opérer. L’appli n’est pas intuitive du tout, mais on s’en sort au final. Trois codes couleurs : vert (ingrédient ok), rouge (ingrédient nocif), jaune (ingrédient bof mais ok). Intéressant mais pas transcendant.

Mon avis global sur ces applications qui analysent les cosmétiques

De façon générale, il y a deux poids deux mesures dans le fonctionnement de ces applis :

  • Un algorithme « bête et méchant » qui n’analyse jamais la compo dans son intégralité et dans sa subtilité (un ingrédient X peut contre-balancer les effets pervers d’un ingrédient R, par exemple). Tout au mieux, ça informe rapidement et succinctement. Au pire, ça fait passer à côté d’analyses qualitatives et objectives.
  • Une analyse semi-automatisée, sous contrôle d’un être humain : c’est ce qui fait que c’est peut-être un poil plus objectif, si tant est que l’être humain derrière est qualifié pour analyser ladite compo. Et sous réserve, une fois encore, que l’être humain ne va pas se contenter de copier/coller la liste INCI et de faire coller les ingrédients à sa base de données déjà pré-remplie.

Pour avoir été chef de projet web dans une autre vie, je sais comment ce genre de bases de données sont développées. Généralement : on associe une définition et un indice de notation à un ingrédient. Et puis, avec une moulinette automatique ou semi-automatique (sous contrôle d’un modérateur), on obtient un système de notation global dudit produit. Le principe peut être intéressant pour être informé de façon très très très générale, pour avoir un ordre d’idée. Ou pour identifier des typologies d’ingrédients que l’on souhaite bannir, si tant est que l’application soit en mesure de les faire ressortir comme il faut.

Je déplore aussi le manque d’actualisation des bases de données. Je comprends la difficulté du boulot. Mais quand on est en magasin et qu’on veut découvrir une nouveauté : on se trouve bien désemparé…

Enfin, les critères de notation de certains ingrédients sont parfois troubles, voire même anxiogènes et arbitraires. Les huiles minérales peuvent ainsi se retrouver classées comme toxiques et nocives, avec très peu de justification à la clef. L’huile minérale a un impact environnemental, on le sait. Et c’est aussi un ingrédient très peu cher et bien stable, avouons-le. Ca sert à faire barrage sur la peau, dirons-nous, pour empêcher l’eau de s’évaporer : ça peut être intéressant à garder en tête pour les peaux très sèches. Même si je peux comprendre que certains souhaitent ne pas y avoir recours. Toujours est-il que chaque chose doit s’expliquer, se mesurer, sans être diabolisé d’entrée de jeu parce que ça n’est pas naturel (ou autre).

Pour moi, ces applications qui analysent les cosmétiques et leur compo ne sont pas nécessairement à mettre de côté. Mais elles sont à re-mettre en perspective, et à envisager comme le niveau 1.0 de l’éducation cosméto, sans les considérer comme paroles d’Evangile. C’est déjà ça, mais ça n’est à mon sens pas suffisant si l’on veut pousser les analyses et mieux comprendre tout ce qui compose notre pot de crème chouchou.

Quand je vous disais dans mes Stories que dans ce domaine, tout n’est pas tout noir ou tout blanc, hein…

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